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 L'histoire juive en bref

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Neviya
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MessageSujet: L'histoire juive en bref   Lun 22 Oct 2007, 19:40

L'histoire du peuple juif s'étend sur 3000 ans. En revanche , bon nombre d'historiens font remonter la naissance du Judaisme au roi Josias en -640 Comme toutes les religions, le judaïsme a connu différents courants ou schismes. La particularité du peuple juif, par rapport à d'autres peuples, est sa répartition dans le monde, et son unité autour de la transmission de valeurs culturelles par les livres religieux (Torah, Talmud) et par des pratiques rituelles (Shabbat, Pessa'h, Yom Kippour, cacheroute...)

Pour une histoire des Juifs relative à un pays particulier, on pourra se reporter aux articles spécialisés (Histoire juive). Par exemple, pour la France, voir histoire des Juifs en France.
Sommaire
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* 1 Formation du peuple juif et de sa religion
o 1.1 Premières traces, -1200 à -880
o 1.2 Premiers états centralisés : les deux royaumes, -880 à – 722
o 1.3 Prémisse de la religion juive : la monolâtrie de Yavhé, -722 à - 587
o 1.4 Exil à Babylone, naissance du monothéisme juif, -587 à -517
* 2 L'ère du second Temple 515 AEC à 70 EC
o 2.1 La noblesse sacerdotale : Sadduccéens et Boéthusiens
o 2.2 Les Pharisiens
o 2.3 Les Esséniens
o 2.4 Les Zélotes
* 3 Dans l'exil
o 3.1 La rédaction du Talmud et le judaïsme rabbinique
o 3.2 Le karaïsme
* 4 Le Moyen Âge
o 4.1 La période des Gueonim
o 4.2 L'ère des Rishonim
* 5 Des Lumières à l'entre-deux-guerres
o 5.1 Émancipations
o 5.2 Diversification du judaïsme rabbinique au XIXe siècle
o 5.3 Fin du XIXe siècle - Entre-deux-guerres : montée du sionisme
* 6 Depuis la Seconde Guerre mondiale
o 6.1 Mesures antijuives en Allemagne et Shoah
o 6.2 Naissance de l'État d'Israël
o 6.3 Judaïsme reconstructionniste
o 6.4 Révision de la position de l'Église sur le judaïsme
* 7 Le judaïsme aujourd'hui
o 7.1 Courants actuels du judaïsme
o 7.2 Dénominations juives en Israël
* 8 Notes
* 9 Bibliographie
* 10 Voir aussi
* 11 Liens externes

Formation du peuple juif et de sa religion [modifier]

Premières traces, -1200 à -880 [modifier]

Voir Données archéologiques sur les premiers Israélites. Comme les premiers israélites ne semblent pas alphabétisés (voir Données archéologiques sur les premiers écrits en hébreu ancien), on ne les connaît que par les écrits d'autres peuples, égyptien et assyrien notamment . Ce serait un peuple d’origine cananéenne habitant les hautes terres de Canaan (Cisjordanie actuelle). La partie nord (Samarie actuelle) plus irriguée et plus accessible se développe plus vite que la partie sud (Judée actuelle). Deux signes distinctifs le caractérisent : les habitations sont de forme ovoïde et on ne trouve pas de trace de porcs dans les élevages et la nourriture.

Premiers états centralisés : les deux royaumes, -880 à – 722 [modifier]

Deux royaumes distincts semblent se revendiquer du même peuple :

* au Nord à Samarie (nord de la Cisjordanie actuelle), le Royaume D’Israël fondé par Omri en -880 (voir Données archéologiques sur Omri et les Omrides)
* au sud à Jérusalem le royaume de Juda beaucoup moins riche et moins peuplé. (voir Données archéologiques sur David et Salomon)

Ils sont polythéistes mais, comme beaucoup de peuples de la région, avec un dieu principal.

Prémisse de la religion juive : la monolâtrie de Yavhé, -722 à - 587 [modifier]

Au nord, le royaume d’Israel est détruit en -722 par les Assyriens. Les habitants se réfugient au sud dont la capitale Jérusalem connaît alors un développement important. Le roi Josias (- 640 - 609), que bon nombre d'historiens considèrent a ce titre comme le véritable créateur de la nouvelle religion, est le premier à établir les ébauches de règles de la religion juive en proclamant que

* les 2 populations forment un même peuple avec le même dieu principal (ce peuple reste néanmoins polythéiste)
* il ne doit y avoir qu’un seul lieu de commémoration de ce dieu et Josias construit le premier temple qui lui est dédié à Jérusalem.

La Samarie appartient à ce peuple autant que la Judée et doit donc être reconquise sur les Assyriens. La légende d’un ancien grand royaume unifié allant de Damas à la Mer Rouge, fondé par son ancêtre David, fut probablement développée à ce moment là pour appuyer cette revendication.

Josias sentant l’empire assyrien vaciller, souhaite se tourner vers les Égyptiens, ses adversaires, mais l’accord échoue et il est tué par eux en -609. L’empire assyrien est par la suite écrasé par les Babyloniens qui s’emparent aussi de Jérusalem en -587 et exilent la population dans leur capitale Babylone.[1]

Exil à Babylone, naissance du monothéisme juif, -587 à -517 [modifier]

Les réfugiés rencontrent à Babylone les zoroastriens monothéistes et ils écrivent la bible composée : de leur propre histoire, des légendes d’un passé glorieux d’un grand royaume, de légendes babyloniennes comme celle du roi Sargon sauvé des eaux. La nouvelle religion reprend le principe zoroastrien d’un dieu unique mais celui-ci a élu un peuple, le peuple juif, et lui ordonne de retourner à Canaan et d’y refonder le temple de Jérusalem.

L'ère du second Temple 515 AEC à 70 EC [modifier]

Cette période s'étend de 515 AEC (fin de la construction du second Temple) à (destruction du second Temple). 70 ans après le début de l'Exil de Babylone, les Judéens retournent sur leur terre lors du règne de Cyrus II (Koresh), sous la conduite d'Ezra, Néhémie et Zorobabel, auxquels succèdent la Grande Assemblée. La recontruction du second Temple de Jérusalem dure de 586 av. J.-C. à 515 av. J.-C.. C'est une période de réformes religieuses et de "purification ethnique" (voir les réformes d'Ezra et la répudiation des épouses cananéennes). Les habitants du royaume nordiste ne sont pas admis dans l'Assemblée, et forment le samaritanisme.La province de Judée passe par plusieurs dominations successives. Plusieurs "sectes" religieuses se font concurrence, tant pour le pouvoir que pour la détermination de l'orthodoxie.

La noblesse sacerdotale : Sadduccéens et Boéthusiens [modifier]

Les Sadducéens et les Boethusiens, classes sacerdotales disciples de Sadok le Prêtre et Boethus, proches du pouvoir, ne reconnaissant d'autre autorité que la Torah, prise à la lettre et tenant des registres extrêmement précis afin d'étayer les lignées sacerdotales. C'est ce souci généalogique qui a conduit les théoriciens de l'hypothèse documentaire à supputer un rédacteur P (Prêtre).

Les Pharisiens [modifier]

Les Pharisiens, descendants des zougot, s'appuient sur certaines exhortations prophétiques ("Je hais vos fêtes"), pour chercher à appliquer les rites autant dans la lettre que l'esprit, celui-ci ayant parfois préséance. Ils se transmettent pour ce faire une exégèse orale du Tanakh de père à fils et de maître à disciple. Ils reçoivent un large soutien du peuple, et dès l'époque de Shimon ben Sheta'h, dominent la vie religieuse, via le Sanhédrin.

Les Esséniens [modifier]

Les Esséniens, ascètes se repliant dans le désert, prônent une voie de détachement. Ils sont assez proches des Pharisiens, mais développent des idées propres à consonance apocalyptique, parlant, par exemple, d'un combat des fils de la lumière contre ceux de l'obscurité.

Les Zélotes [modifier]

Les Zélotes (Sicaires), sont également proches des Pharisiens, mais fort portés à la guérilla contre les envahisseurs, surtout Romains. Instigateurs de la révolte contre Rome, leur mouvement périt à Massada. Cette classification est tributaire du récit de Flavius Josèphe et de ses "quatre sectes". Il est toutefois probable que d'autres mouvements existaient, et que l'hégémonie du judaïsme pharisien mettra plusieurs siècles à s'établir.

Dans l'exil [modifier]

La rédaction du Talmud et le judaïsme rabbinique [modifier]
Article détaillé : Judaïsme rabbinique.

Après la destruction du second Temple (70 ap. J.-C.), les prêtres et les Sadducéens ont été éliminés par les Romains. Les rabbins pharisiens sont restés seuls en lice, et leur vision du judaïsme est devenue la norme. Ils commencèrent la rédaction du Talmud, forme écrite de la Loi orale reçue selon la tradition par Moïse en même temps que la loi écrite du Pentateuque.

La rédaction du Talmud fut une entreprise collective qui dura jusqu'au VIe siècle. Il y eut plusieurs étapes, le midrash, la Mishna (en hébreu, rédigée au IIe siècle de l'ère commune) et la Gémara (commentaire de la Mishna, écrite en araméen). Il existe deux versions de la Gémara, correspondant aux deux diasporas juives les plus importantes, celle de Galilée, et celle de Mésopotamie. Le Talmud proprement dit est constitué de la Mishna hébraïque et de la Gémara araméenne. Comme il existe deux Gémara, il existe aussi deux versions du Talmud, le Talmud de Jérusalem (IVe siècle de l'ère commune), et le Talmud de Babylone (VIe siècle de l'ère commune).

Le Talmud apporte des innovations sur l'organisation sociale, en particulier les taux d'intérêt, l'usage des lettres de change, et les limites du profit (notion de prix juste), que la civilisation chrétienne ne découvrira que plus tard.

Le karaïsme [modifier]

Selon la tradition karaïte, le karaïsme naît à Babylone entre le septième et le huitième siècle EC, lorsqu'un jeune érudit persan d'ascendance davidique, Anan ben David, se proclame anti-exilarque suite à un désaccord plus politique qu'idéologique, et décide de ne trancher les questions de Halakha (cf.infra) qu'en fonction la Loi écrite, au détriment total de la Loi orale. En ces temps troublés de conquête musulmane et de remise en question religieuse, cette atteinte au monopole des Gueonim, directeurs des académies talmudiques de Babylone, sur la vie juive est bien accueillie.

Toutefois, des sources karaïtes du XXe siècle (les livres de Ya'acov Al-Qirqisani) tendent à suggérer qu'Anan ben David ne fonda "que" l'ananisme, qui différait sensiblement du karaïsme et ne le rejoignit que dans les siècles qui suivirent. Ya'acov Al-Qirqisani mentionne aussi le courant benjaminite qui, bien que se basant sur la lettre plutôt que l'esprit du Texte, ne rompt pas aussi formellement avec le pharisaïsme, devenu la judaïsme rabbinique, et est donc compté comme initialement distinct du karaïsme.

Le karaïsme dépendant de l'exégèse personnelle, d'autres courants ont vu le jour, notamment l'ashérisme et, plus récemment le talmidisme.

Les communautés karaïtes les plus importantes se trouvaient en Crimée et en Égypte. Elles se trouvent actuellement aux États-Unis et en Israël (à Ramla), après avoir été chassées d'Égypte vers les années 1952-1956. Quelques petits groupes demeurent en Lituanie.

Le Moyen Âge [modifier]

La période des Gueonim [modifier]

L'ère des Gueonim s'étend de 589 (4349 dans le calendrier hébraïque), à 1038 (4798).

Au cours du Moyen Âge, l'antijudaïsme se développe chez les chrétiens. Il prend une forme théologique au VIIe siècle, avec l'introduction de la mention « pro perfidis judeais » dans la liturgie du Vendredi saint. Avec le recul, on considère que cela a contribué à légitimer certaines violences ultérieures des chrétiens contre les Juifs.

L'ère des Rishonim [modifier]

Les Rishonim sont les Rabbins et Posqim qui vécurent de l'ère comprise entre les Gueonim et le Choulhan Aroukh, c'est-à-dire de 1250 à 1500.

Dans l'Empire romain d'orient, la culture yévanique développe et diversifie l'héritage des Gueonim, qui va diffuser tant en milieu sépharade avec le philosophe Maïmonide, qu'en milieu ashkénaze avec le sage Kalonymos du Rhin. Au XIIe siècle, Juifs, chrétiens et musulmans furent associés dans le vaste mouvement de traduction des œuvres d'Aristote, qui contribua au renouvellement de la pensée occidentale.

Mais l'Empire subit lui aussi l'intolérance chrétienne, et de plus les croisades successives s'accompagnèrent souvent de violences contre les Juifs.

La pensée juive s'était distinguée au XIIe siècle de l'ère commune avec Maïmonide. Persécuté par le pouvoir musulman d'Andalousie, il dut fuir au Maghreb, puis en Egypte. Au XIIIe siècle, des questions théologiques furent soulevées au sujet du prêt à intérêt, interdit dans le christianisme, mais autorisé alors par les Juifs envers les non Juifs (seulement). Les Juifs furent alors souvent relégués dans des fonctions financières, qui étaient interdites aux chrétiens.

À la fin du XIVe siècle, les Juifs furent souvent rendus responsables des terribles maux qui ont ravagé l'Europe au cours de ce siècle (dont la peste noire, en réalité apportée de Crimée par une nef génoise). En 1391, deux synagogues furent converties en églises à Séville, et des violences antijuives se développent à Tolède et à Valence notamment.

En France, des mesures d'expulsion frappèrent les Juifs en 1306, en 1322 et en 1394.

À la fin du XVe siècle, les persécutions atteignirent leur paroxysme avec l'Inquisition espagnole, qui mit en place un système de pureté du sang (limpieza de sangre), et des mesures contre les Marranes que l'on accusait de poursuivre la pratique du judaïsme.

La période des Rishonim s'acheva avec le Choulhan Aroukh, compilation de toutes les lois énoncées par le Talmud, ainsi que des opinions et commentaires des grands légalistes et décisionnaires qui les ont examinées, qui fut écrit par le Rav Yossef Karo.

Le XIVe siècle est marqué par une série d'expulsions des Juifs en Europe. Après l'expulsion d'Espagne en 1492, les Juifs sont expulsés d'Arles (1493), de Sicile et de Sardaigne (1493), de Florence (1494), de Lituanie (1495), du Portugal (1495), de Tarascon (1496), de Provence (1501), du royaume de Naples (1510), de Ratisbonne (1519), de l'Italie méridionale (1541), du Württemberg (1555), de Bavière (1555), de Brandebourg (1573) et de Brunswick (1590).

L'empire ottoman devînt une terre d'accueil pour certaines de ces communautés juives, notamment à Istanbul, Andrinople, Salonique, Smyrne, Trébizonde, Safed, en Crimée et dans les Principautés danubiennes (Moldavie, Valachie). Elles rejoignent les communautés yévaniques qui y vivaient depuis l'époque de l'empire byzantin, et les ladinisèrent (le judéo-espagnol y supplanta le judéo-grec).

Le judaïsme connut de profondes modifications à partir de 1492. Le judaïsme rabbinique fit de l'unité du peuple juif un point central de la Loi, et de fait, ne connut plus de changements majeurs, à l'exception de variations liturgiques dans les différentes communautés, grâce, entre autres, à la rédaction de codes légaux dont la production culmina avec le Shoulhan Aroukh. Quelques faux Messies, dont Jacob Franck et Sabbataï Tsevi exaltèrent les foules, entraînant quelques personnes dans des mouvements dissidents qui devaient aboutir à leur conversion à l'islam ou au christianisme.
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MessageSujet: Suite et fin   Lun 22 Oct 2007, 19:41

Des Lumières à l'entre-deux-guerres [modifier]

Émancipations [modifier]

Le judaïsme ashkénaze fut encore une fois remué à l'avènement des Lumières qui entraînèrent de vives controverses de la Haskala à la suite de quoi s'exacerba la querelle entre Hassidim et Mitnagdim (opposants) en Europe de l'Est que cherchèrent à apaiser les « modérés », les « intermédiaires », comme le Rav Samson Raphaël Hirsch dont la devise était Torah ou Madah (« Torah et science »).

Les Juifs furent enfin considérés comme citoyens français à la Révolution, suite à deux décrets, l'un de 1789, et l'autre du 27 septembre 1791, sous l'impulsion d'Adrien Duport et de Condorcet.

Diversification du judaïsme rabbinique au XIXe siècle [modifier]
Famille juive ashkénaze (frontière germano-polonaise) XIXe Siècle.
Famille juive ashkénaze (frontière germano-polonaise) XIXe Siècle.

Le judaïsme rabbinique s'est construit historiquement autour des rabbins, spécialistes de la loi orale. Mais il s'est diversifié au XIXe siècle, et on a vu apparaître une relative contradiction dans les termes : des rabbins qui ne suivent pas strictement la loi orale.

* Le judaïsme orthodoxe place la halakha au centre de son système de valeurs. Est juif orthodoxe celui qui reconnaît devoir se conduire selon la Halakha (corpus de règles établies par la tradition orale, depuis le Talmud jusqu'à aujourd'hui).

Au fur et à mesure du temps, la Halakha a été codifiée par des recueils de lois faisant autorité pour les générations futures.

Exemple : le Rambam (Maïmonide) écrivit un code de Lois appelé Michné Torah, qui fut, avec les œuvres du Roch (acronyme du sage Rabbénou Acher) et du Rif (Rabbi Itzhak Elfassi), un des piliers du Choulkhan Aroukh. Le Choulkhan Aroukh, écrit par Rabbi Yosef Caro au XVIe siècle marque un jalon important dans l'élaboration de la halakha. En effet, après le Choulkhan Aroukh, il devient difficile d'aller à l'encontre de décisions considérées comme les synthèses ultimes en matière de halakha.

Difficile ne veut pas dire impossible : il existe de nombreux cas dans lesquels de grands maîtres de la Tradition juive (Gaon de Vilna, Hafets Hayim) ont tout de même tranché différemment du Choulkhan Aroukh.

Cependant, un juif orthodoxe reconnaît cette chaîne de transmission de la halakha dans son intégralité, au contraire des juifs libéraux (qui ne lui accordent pas d'importance majeure) et des Massorti (qui s'autoriseront à remonter à une décision du Talmud remise ensuite en cause par la chaîne des Maîtres de la tradition orale pour justifier une pratique plus conforme aux mœurs de l'époque contemporaine).

Le judaïsme orthodoxe met donc particulièrement l'accent sur l'adhésion à la Loi, de la Torah à la Halakha, et au respect des traditions établies.

Les orthodoxes considèrent comme non valables les décisions prises par les autres courants, les conversions au judaïsme qu'ils réalisent et l'autorité de leurs rabbins.

Si le respect dû à la Halakha est primordial pour les orthodoxes, le paysage juif orthodoxe est cependant très coloré en fonction de l'importance donnée à l'étude, à la vie communautaire, aux études profanes ou à l'importance de la Terre d'Israël.

Les Hassidim, les sionistes-religieux, les modern-orthodox aux Etats-Unis ou les 'Harédim en Israël sont tous des Juifs orthodoxes.

* Le judaïsme réformé apparaît en Allemagne dans la première moitié du XIXe siècle, se basant sur les idées de Moïse Mendelssohn. Ardemment défendu par le Rav Abraham Geiger et combattu par l'orthodoxie, il reste centré sur les rabbins, mais remet assez largement en cause la Torah orale, nie son origine divine, en admettant toutefois qu'elle ait pu être inspirée (mais non codifiée, encore moins rédigée) par Dieu. La halakha est donc sujette au choix personnel du fidèle.

Initialement conçu pour "ramener les Juifs à la synagogue" en "modernisant" la religion, le judaïsme réformé a connu un grand succès aux États-Unis, mais demeure beaucoup plus modeste dans le reste du monde.
En France, il connaît un moindre succès que le judaïsme orthodoxe, une grande partie de la population juive étant sépharade et assez encline à conserver ses traditions.

A noter que "Judaïsme libéral" et "réformé" ne sont pas forcément synonymes : il existe deux communautés distinctes en Angleterre, et bien que la base théorique soit la même, les "réformés" sont beaucoup plus traditionnels que les "libéraux".

* Le judaïsme "conservative" (ou "traditionnaliste" ou "massorti") est né en réaction au judaïsme réformé, tout en se positionnant différemment de l'orthodoxie par une conception positive-historique de la Loi juive, estimant qu'elle évolue et a toujours évolué avec son époque.

Courant médian, attaché aux traditions, il regroupe des éléments "orthodoxisants" comme le Rav Abraham Joshua Heschel, et des tendances libérales.
Comme le judaïsme réformé, le judaïsme conservative est surtout présent aux USA. Il connaît également un certain succès en Israël.

* le judaïsme reconstructionniste, fondé par le Rav Mordekhaï Kaplan, a fait scission du judaïsme traditionnaliste.

Voir infra.

Fin du XIXe siècle - Entre-deux-guerres : montée du sionisme [modifier]
Juives mizrahim du Caucase-Est, 1913
Juives mizrahim du Caucase-Est, 1913

La fin du XIXe siècle voit la montée du sionisme : les premiers pionniers, chassés par les pogroms russes et soutenus par de riches donateurs occidentaux, assèchent des zones marécageuses où ils ont pu s'installer, dans la plaine côtière de Palestine, alors sous souveraineté ottomane ; l'Affaire Dreyfus suscite la vocation du journaliste viennois Theodor Herzl. Mais l'émigration en Palestine suscite le scepticisme des Juifs « assimilés » d'Europe occidentale et l'opposition de la plupart des rabbins orthodoxes, sans parler des partisans d'un Nouvel Israël en Amérique du nord, ou des juifs socialistes pour lesquels l'émancipation totale ne peut advenir que par la Révolution prolétarienne.

Le 2 novembre 1917, le gouvernement britannique publie la Déclaration Balfour. En 1922, la Société des Nations confie l'administration de la Palestine (Mandat) au Royaume-Uni. Les convulsions politiques en Europe, consécutives à la dislocation des Empires russe, austro-hongrois, allemand et ottoman, vont bientôt s'exacerber avec la montée des mouvements et des régimes fascistes et antisémites, qui débouche sur le cataclysme de la Shoah.

Depuis la Seconde Guerre mondiale [modifier]

Mesures antijuives en Allemagne et Shoah [modifier]
Article détaillé : Shoah.

Le régime nazi, arrivé au pouvoir en 1933, prend dès le début des mesures contre les Juifs.

De 1941 à 1945, la Shoah fait 6 millions de morts et une infinité de traumatismes physiques, psychologiques et familiaux.

En France, le régime de Vichy établit un statut particulier pour les Juifs, qui les écarte de certaines fonctions. René Carmille, chef du service national de la statistique, évite de donner les fichiers des Juifs au régime nazi, ce qui permet de sauver une proportion importante de Juifs.

Naissance de l'État d'Israël [modifier]

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies approuve le Plan de partage de la Palestine en un État juif et un État arabe; la zone de Jérusalem, dénommée corpus separatum, acquérant le statut de ville internationale. La partie juive accepte ce partage territorial mais les autorités palestiniennes et les États arabes les rejettent. La Guerre de Palestine de 1948 éclate marqués par des affrontements entre les communautés juives et arabes palestiniennes puis par l'intervention des armées arabes après la proclamation de lÉtat d'Israël le 14 mai 1948.

Judaïsme reconstructionniste [modifier]

Le judaïsme reconstructionniste, fondé par le Rav Mordekhaï Kaplan, est une branche du judaïsme rabbinique née aux États-Unis en 1968, qui a fait scission du judaïsme traditionnaliste.

Né comme une tendance philosophique naturaliste, il croit en un Dieu plus proche de Plotin que de la Torah, à laquelle il dénie tout caractère. Parfois soupçonné d'athéisme, il insiste tout de même sur les traditions, mais donne la prérogative à la communauté pour définir quelle tradition est à respecter.

Révision de la position de l'Église sur le judaïsme [modifier]

La Shoah fit prendre conscience aux chrétiens de certaines de leurs responsabilités sur un plan historique dans le génocide, à travers l'antijudaïsme propagé par l'Église depuis le IVe siècle environ. Sous l'impulsion de personnalités juives, protestantes, et catholiques, eut d'abord lieu une conférence à Seelisberg pour tirer les conséquences de ce drame. La révision de la position de l'Église par rapport à la liturgie catholique prit encore quelques années. Grâce à Jean XXIII, la liturgie du Vendredi saint fut modifiée, avec la suppression de la mention « pro perfidis judaeis », puis la déclaration Nostra Ætate à la fin du concile Vatican II (1965) définit les relations avec le judaïsme notamment.

Entre 1997 et l'an 2000, l'Église fit plusieurs déclarations de repentance, dont deux furent spécifiques au judaïsme : 1997 pour l'Église de France, et 1998 pour Rome.

Pour plus de détails, voir l'article déicide.

Le judaïsme aujourd'hui [modifier]

Courants actuels du judaïsme [modifier]

De nos jours, si l'antagonisme Hassidim/Mitnagdim a disparu, celui entre Juifs « laïcs » et « religieux » reste d'actualité et a pris une nouvelle tournure en Israël où les partis de gauche sont majoritairement et essentiellement non-religieux, ceux de droite étant pour une petite partie religieux. En Diaspora coexistent le judaïsme réformé, judaïsme orthodoxe en Europe de l'Ouest, auxquels s'ajoute le judaïsme conservateur aux États-Unis.

Dénominations juives en Israël [modifier]
Article détaillé : Judaïsme en Israël.

Bien que les précédentes dénominations soient connues des Israéliens, ceux-ci tendent à classer la judaïcité de l'individu en fonction de son observance religieuse.

* La plupart des Juifs Israéliens d'origine occidentale se classifient comme "hilonim" (profanes, séculiers). Leur judaïté peut être un facteur important dans leur vie, mais ils la distinguent soigneusement des croyances et pratiques religieuses traditionnelles. Cette portion de la population ignore largement toute vie religieuse organisée, que ce soit celle du rabbinat israélien, de mouvance orthodoxe affirmée, ou celle des mouvements progressistes de la Diaspora. Ils répondent au téléphone lors de l'office du Shabbat, auquel ils n'assistent qu'à la Bar Mitzva du petit cousin, parlent au rabbin comme au voisin, fêtent les grandes commémorations en allant pique-niquer, mais n'en restent pas moins profondément conscients de leurs "appartenances".

* La plupart des Juifs d'origine "orientale" (méditerranéenne, moyen-orientale ou d'Asie Centrale) se définissent comme massortim (traditionnels), ce qui n'a rien à voir avec le mouvement du même nom.

Les termes "profane" et "traditionnel" sont particulièrement ambigus en Israël, et se chevauchent souvent. On est souvent le "traditionnel" ou le "profane" de quelqu'un.

* Le terme "Orthodoxe" (Ortodoxi) est fort déprécié par la population isrélienne, laïque comme religieuse. Néanmoins, le spectre couvert par cette dénomination en Diaspora se retrouve en Israël, avec quelques variations. Ils représentent un pourcentage plus important dans la population israélienne que dans le monde, mais il y a une forte controverse quant à l'estimation de leur importance réelle. Aucune méthode de recensement, y compris le nombre de membres religieux siégeant à la Knesset, n'a réellement fait ses preuves.

Le terme "Orthodoxe" est remplacé en Israël par dati (religieux, croyant, fidèle) ou haredi (tremblant -- devant Dieu). Le terme dati englobe la communauté qu'on appelle "sioniste religieuse", ou "religieuse nationale", ainsi que ceux des membres de la communauté haredite qu'on connaît depuis le début de la décennie précédente comme les haredim-leumim (Haredi national, ou nationaliste, abbrévié en "Hardal", qui, en Hébreu, signifie aussi "moutarde"), lesquels combinent un mode de vie largement haredi avec une idéologie nationaliste.

Les Haredim peuvent être grosso modo divisés en trois populations, d'ethnie et de lignée idéologique fort différentes:

1. Les Haredim "Lituaniens" (non-Hassidiques), d'origine Ashkénaze.
2. Les Hassidim, également Ashkénazes, bien que le mouvement remporte un succès croissant parmi la population sépharade.
3. Les Haredim sépharades ou mizrahim (à ne pas confondre avec le parti politique du même nom). Ce groupe est le plus important, tant par sa taille que par son impact sur la vie politique, particulièrement depuis le début des années 90.

Notes [modifier]

1. ↑ http://www.bibliotrutt.lu/artman2/publish/notes/Naissance_du_Monoth_isme_-_Derni_res_connaissances_et_hypoth_ses.php

Bibliographie [modifier]

s:


L'Histoire des Juifs, de Heinrich Graetz est disponible sur Wikisource.

* Mon peuple, histoire du peuple juif, par Abba Eban, Buchet-Castel, 1970.
* Histoire du peuple juif, par Cecil Roth, Stock, Judaïsme/Israël, 2 vol., 1980
* Histoire d'Israël, par Shalom Wittmayer Baron
I. Des origines au début de l'ère chrétienne (ISBN 978-2130386674)
II. Les premiers siècles de l'ère chrétienne (ISBN 978-2130386681) Quadrige. PUF, 1986
* Une Histoire des Juifs, par Paul Johnson, JC Lattès, 1987
* Dictionnaire encyclopédique du judaïsme, dir. Sylvie Anne Goldberg, Cerf-Robert Laffont (Bouquins), 1996 (ISBN 978-2221080993)
* Histoire universelle des juifs, sous la direction d'Elie Barnavi et Denis Charbit, Hachette 1992. Mise à jour 2005 (ISBN 978-2012356177)
* Histoire moderne du peuple juif' par Simon Doubnov, Payot 1933. Réédition 1994 (éditions du Cerf (ISBN 978-2204050098)

Source: http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_du_peuple_juif
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MessageSujet: Re: L'histoire juive en bref   Jeu 29 Nov 2007, 21:13

Très bien, merci pour l'article, j'en profiterai aussi pour poster quelques sujets sur notre histoire.
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Neboisa
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MessageSujet: Re: L'histoire juive en bref   Jeu 22 Jan 2015, 21:27

Bonsoir,
J étudie l histoire générale depuis plus de 25 ans j ai pour ainsi dire lu tout ou presque durant ce temps et en conclusion la seule question digne d intérêt est: en quelle année somme nous ??? Le professeur Finklestein éminent archéologue a confirmé qu il n y a rien sur le mont Sinai pas plus que dans le désert, et parce qu il n a rien découvert il en a conclut qu il n y a RIEN. Pourtant tout est dans la bible il suffit d ouvrir son esprit pour que tout se mette en place et c est seulement alors que dieu vous permettra de voir ce que vous ne voyez pas.....
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L'histoire juive en bref
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